En images

  • Megève et le calvaire (Haute-Savoie). Carte postale, vers 1900 (© Sabaudia. Image 74_537_1)

  • Situation de la station, extrait de la carte IGN au 1 : 25000. © IGN 2008

  • Vue générale de Megève

  • Le site de Megève

Le village devient station

Avant d’être station de ski, Megève est un bourg agricole qui, depuis la fin du XIXe siècle, accueille l’été des villégiateurs dans plusieurs hôtels. "Bâti à 1125 m, Megève est une agréable station d’été, avec de jolies maisons au soleil, dans une ravissante vallée de pâturages et de sapins, formant col entre le haut bassin de l’Arly et la vallée de l’Arve ; il est entouré de prairies parsemées d’oratoires, de croix et de chapelles" (Guides-Joanne Savoie. Hachette : 1901-1902).

Les premiers skieurs accueillis dans des hôtels équipés d’un chauffage central inaugurent la saison d’hiver. En 1916, N. de Rothschild cherche à créer une station de sports d’hiver dans les Alpes françaises car les palaces de Davos ou St-Moritz (Suisse) sont devenus infréquentables en raison du conflit mondial. Le skieur Trygve Smith recherche pour elle le site idéal, retenant Val d’Isère et Megève qui est préféré en raison d’un accès plus aisé et de pentes plus douces et plus ensoleillées.

Hôtels et chalets pour une station contemporaine

En 1920, la Société Française des Hôtels de Montagne acquiert des terrains sur les pentes du Mont d’Arbois, 200 m au-dessus du village. L’architecte Henri-Paul Némot (1853-1934) dresse une composition monumentale pour une station comprenant quatre hôtels et palaces de luxe d’une capacité de 1500 chambres, dispersés entre Megève et les pentes ou le sommet du Mont d’Arbois, l’ensemble étant relié à Sallanches par un train à crémaillère. En 1921, l’hôtel du Mont d’Arbois (40 chambres) construit en plein alpage à 1300 m, par l’architecte Marcel Auburtin (1872-1926), est achevé.
À côté, sur un terrain divisé en 5 parcelles sont édifiés les premiers chalets parmi lesquels ceux de N. de Rothschild et de la Princesse Angèle de Bourbon, formant la résidence du Mont d’Arbois, considérée comme le premier centre résidentiel construit pour les sports d’hiver. Installé à Megève en 1925 comme architecte, H. J. Le Même persuade N. de Rothschild de bâtir une station contemporaine en rapport avec l’esprit sportif, le style de vie et l’âge des skieurs, inventant le chalet skieur qui constituera alors le modèle d’hébergement associé au développement de Megève. Un demi-siècle plus tard, H. J. Le Même en aura réalisé plus de 200

L’essor de la station

En 1933, la mise en service du téléphérique de Rochebrune ouvre Megève au ski de piste. L’équipement mécanique des pentes est engagé : téléphérique du Mont d’Arbois en 1934, téléski de Rochebrune en 1935, du Mont-Joux en 1937. Dès 1935, les victoires du skieur mégevan É. Allais assurent la renommée sportive de Megève et en 1939 la première école de ski est créée.
Après la guerre, la station poursuit son essor avec l’équipement du versant du Jaillet, puis dans les années 80, la connexion des trois versants équipés et réunis par des appareils de liaison. Le village de Megève est devenu station, passant de 1 500 habitants en 1920 à plus de 5 000 au début du XXIe siècle, accueillant de plus de 35 000 lits touristiques.